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BILAN PSYCHOLOGIQUE

La démarche du bilan psychologique se généralise dans de nombreux secteurs. Mais son utilité reste souvent incomprise. On lui reproche de s’éloigner de la réalité, de stigmatiser.

Un bilan se compose d’une anamnèse et du recueil de données. Les conclusions permettent d’établir un diagnostic médical, de prévoir une orientation scolaire. Il existe cependant une différence importante entre le bilan institutionnel et celui du psychologue libéral.

Un bilan psychologique ne se limite à détailler les résultats d’une épreuve. C’est une synthèse qualitative, qui renseigne sur la dynamique du fonctionnement mental.


  • GÉNÉRALITÉ

    En libéral, le bilan est destiné à la personne concernée, ou à son entourage. Dans ce cas, c’est la même personne qui conduit les entretiens. Elle recueille la totalité des informations et construit une vue d’ensemble, sur une situation souvent complexe.

    La restitution du bilan est une étape cruciale. Le psychologue propose des stratégies. Il pourra suivre les résultats et évaluer l’amélioration des conditions de vie.


    La nécessité institutionnelle du bilan psychologique

    1) Bilan et orientation scolaire

    bilan psychologique des performances scolaires

    Le rôle de l’école est de transmettre un nombre déterminé de savoirs. Le rythme d’acquisition des compétences reprend le modèle du psychologue Jean Piaget.

    Les élèves commencent par des notions concrètes. Par exemple, ils expérimentent le poids, les quantités. Puis ils apprennent à lire et à écrire. Plus tard, ils manipuleront des concepts abstraits. Ils formeront des raisonnements complexes.

    Mais tous les enfants ne grandissent pas au même rythme, loin de là…

    Le psychologue intervient quand une différence apparaît entre ce qu’un élève doit « en théorie » savoir faire et ce qui est observé.

    Un retard scolaire peut avoir plusieurs origines :

    • Une déficience d’ordre génétique.
    • Des apprentissages dysfonctionnels.
    • Un trouble émotionnel, des comportements inadaptés.
    • L’interaction entre toutes ses origines.

    En conclusion, le retard observé n’est peut-être qu’une variation individuelle, que l’enfant rattrapera bien vite. Le bilan psychologique propose une remédiation ou une aide pédagogique et formule un pronostic d’amélioration.

    2) Le compte-rendu médical et les thérapies

    évaluation en milieu médical

    Le TDAH est l’exemple type d’une pathologie qui intéresse à la fois le milieu scolaire et celui de la santé.

    C’est une situation clinique pour laquelle on constate souvent des facteurs aggravants. De ce fait, déterminer l’origine des différents symptômes est primordiale.

    Pour cela, le système de soins s’organise autour de plusieurs professionnels :

    • Le psychiatre prescrit les bilans et les observations.
    • Les orthophonistes et les thérapeutes étayent le diagnostic.
    • Chaque dossier individuel reprend les conclusions et permet de vérifier l’efficacité des traitements.

    Le bilan psychologique médical a donc un rôle ponctuel. Son intérêt réside dans la précision des données recueillies à un moment donné.


    La spécificité du bilan psychologique en libéral

    test psychologique cognitif ou projectif

    De façon très schématique, il existe deux types de situations :

    1. Le psychologue propose un test projectif pour déterminer l’influence de la personnalité sur l’aggravation des symptômes.
    2. Il réalise un bilan cognitif pour évaluer les aptitudes à résoudre un problème.

    Bien que le principe soit identique, la pratique du psychologue libéral diffère de la démarche institutionnelle :

    • Une seule personne intervient.
    • Les séances sont moins stressantes que dans un centre médical.
    • Il n’y a pas d’attente pour le premier rendez-vous. Cela évite ainsi l’aggravation des symptômes, notamment par l’installation de bénéfices secondaires.
    • Grâce à son autonomie, le psychologue libéral est disponible et réactif.
    • La démarche du diagnostic s’inscrit directement dans une thérapie.

    Actuellement, le bilan psychologique repose sur deux modèles théoriques :

    1) La psychologie cognitive

    Le QI résulte des premières échelles d’intelligence (Binet et Simon). Cette analyse s’étend désormais à l’ensemble des processus impliqués dans les apprentissages.

    2) La démarche neuropsychologique

    Elle s’inscrit entre autre dans la conceptualisation du phénomène de plasticité cérébrale. Cette approche est particulièrement adaptée aux troubles « dys ».

    En pratique, un bilan cognitif se réalise souvent en première intention, car il participe au diagnostic différentiel.

    Par exemple, lorsqu’un enfant rencontre des difficultés en lecture, il est nécessaire d’évaluer le niveau du déficit, d’examiner le contexte d’apparition, de vérifier la présence d’autres pathologies.

    C’est pour cela qu’il est généralement pertinent de commencer par une vue d’ensemble, avant de mesurer l’impact du déficit sur certaines modalités sensorielles.

    Par exemple, l’enfant peut rencontrer des difficultés en lecture, alors qu’il sait parfaitement écrire. Le problème peut être massif en classe, mais diminuer à la maison.

    Le psychologue libéral se montre plus réactif, car les pathologies de l’enfant évoluent très rapidement.


  • BILAN COGNITIF

    Le bilan cognitif est utilisé dans le système scolaire et médical. Mais il est souvent perçu à tord comme un simple test d’intelligence.

    Il est cependant très réducteur de l’assimiler à une mesure de quotient intellectuel (QI).

    En effet, le QI ne reflète pas les compétences réelles, ni l’intégrité d’une organisation psychique. Par exemple, le WISC-V comprend cinq échelles distinctes pour décrire l’ensemble des performances.


    Origine de l’évaluation cognitive

    démarche cognitive et métaphore informatique

    La psychologie cognitive est née dans les années 1950, en même temps que les recherches en intelligence artificielle.

    Le principe théorique initial  repose sur le paradigme de la « métaphore informatique ».

    En d’autres termes, on utilise le fonctionnement d’un ordinateur pour décrire celui de l’esprit. Par exemple, le disque dur représente la mémoire à long terme (MLT) et les programmes du bureau la mémoire de travail (MT).

    Les sciences cognitives ont ensuite évoluées grâce aux techniques d’imagerie cérébrale. En montrant les parties du cerveau activées, on situe les zones du langage (aire de Broca, de Wernicke), celles de l’attention (le cortex frontal)…


    Le déroulement du bilan psychologique cognitif

    Le psychologue vérifie généralement tous les apprentissages, dysfonctionnels ou non. Il détermine ainsi le stade de développement et la qualités des interactions.

    Cette analyse part du principe qu’un processus cognitif complexe résulte d’une combinaison de plusieurs compétences de base.

    Prenons l’exemple d’un enfant en retard sur ses premiers mots. Plusieurs hypothèses sont envisagées :

    • Comprend-il correctement la gestualité ?
    • Est-il réceptif quand son entourage lui parle ?
    • Entend-il suffisamment les bruits, les paroles ?

    S’il n’est pas pris en compte, il est probable que le retard initial se répercute sur un ensemble de compétences langagières. Le psychologue doit donc intervenir de manière ciblée, pour éviter la généralisation.

    Le bilan cognitif repose sur l’analyse des compétences et sur l’appréciation de leur équilibre, à l’instant T du développement. Son utilité est donc longitudinale, car si trouble est confirmé, on pourra suivre son évolution.


    La finalité du bilan psychologique cognitif

    finalité du bilanLe bilan psychologique concerne surtout les enfants et les adolescents, car il est déterminant pour la pédagogie et la didactique.

    Dans le système scolaire, il participe à l’orientation. Il permet de mettre en place des dispositifs spécifiques (voir plan d’action).

    Mais le bilan psychologique intéresse aussi les adultes. Par exemple, il fournit des informations pour la rééducation des traumatismes corporels (accidents, AVC…). De même, il fournit des remédiations adaptées pour les maladies neurodégénératives.

    Ainsi, dans une démarche thérapeutique il conduit principalement à :

    • Mieux comprendre l’origine des difficultés scolaires ou psychologiques.
    • Réajuster les comportements inadaptés, restaurer l’équilibre des interactions sociales ou familiales.
    • Contrôler l’efficacité des rééducations et améliorer les conditions de vie d’adultes en situation de handicap.

    La controverse du bilan psychologique

    Les personnes soumises à une évaluation peuvent se sentir dépossédées de quelque chose. Elles ont l’impression de rentrer dans une catégorie, au risque de ne plus en sortir.

    Mais la finalité du bilan cognitif n’est pas de pointer les faiblesses d’un individu, encore moins d’apposer une « étiquette ». Au contraire, il souligne ses forces, il soutien ses capacités d’évolution.

    Actuellement, de nombreux articles scientifiques recommandent la démarche neuropsychologique. Cette approche utilise les mêmes outils, mais elle est généralement plus longue qu’un bilan dit « classique ».

    « L’interprétation des résultats est le matériau utile (et non les notes, les chiffres, les indices ou les moyennes, qui, en eux-mêmes, peuvent recouvrir de nombreuses significations différentes, voire contradictoire). Aucune performance ne peut être considérée isolément : les conclusions émergent de la confrontation des différents échecs ou réussites, à condition que l’examen ait été conduit de façon adéquate » Glazel et Mazeau, 2017.


    Un exemple de Bilan psychologique

    Le WISC-V est un outil d’évaluation indispensable dans le diagnostic de précocité. Afin de conserver la confidentialité, les noms et lieux sont modifiés.


  • NEUROPSYCHOLOGIQUE

    La neuropsychologie est une discipline nouvelle, située au carrefour de la psychologie et des neurosciences. Elle décrit les relations entre le cerveau, la cognition et les émotions.


    Le bilan psychologique et la neuropsychologie

    évaluation neuropsychologique

    Le bilan neuropsychologique utilise les protocoles conçus pour évaluer la perte d’acquis chez des adultes cérébro-lésés.

    Ses applications se sont ensuite étendues à tous les apprentissages, qu’ils soient scolaires ou fonctionnels (ergonomie).

    Cette approche diffère du bilan cognitif, car les compétences étudiées ne suivent pas la courbe classique du développement.

    Alors que certaines fonctions évoluent en permanence (la compréhension, la mémoire…) d’autres se stabilisent à un âge donné. C’est par exemple le cas de la marche, de l’écriture…

    La psychométrie ne s’inscrit donc pas toujours dans une distribution normale.

    En résumé, le but du bilan neuropsychologique n’est donc pas de quantifier (par rapport à un âge, une moyenne), mais plutôt de fournir une description qualitative, la plus précise possible.


    Des applications pratiques ciblées…

    interet du bilan cognitif

    Le bilan neuropsychologique vise l’analyse des performances et des aptitudes scolaires.

    Il s’adapte parfaitement à l’étude des troubles « dys » , comme l’instabilité motrice, la dysphasie ou la dyspraxie.

    Grâce au bilan, l’élève prend conscience de ses stratégies personnelles, il découvre sa capacité d’évolution. De plus, il ajuste son comportement en privilégiant les domaines fonctionnels. Bref, il évite de se retrouver en échec.

    La thérapie repose sur le principe qu’il existe plusieurs façons d’acquérir un apprentissage. D’une manière générale, la plasticité cérébrale décrit la capacité du cerveau à progresser, malgré les dysfonctionnements.

    Par exemple, un enfant qui a des difficultés à apprendre par cœur pourra fractionner son travail. Un autre qui rencontre des problèmes d’écriture améliorera sa concentration en utilisant un clavier…

    De nombreux cas montrent ainsi l’obtention de performances convenables, malgré une courbe de développement atypique.


    Mais un temps de passation plus long…

    Un bilan neuropsychologique se prolonge dans le temps, car il détaille l’ensemble des fonctions déficitaires. Il est cependant possible de l’espacer, car son but n’est pas d’établir un diagnostic.

    Chaque séance de test produit de nouvelles hypothèses. En résumé :

    • Le psychologue détermine ainsi l’approche la plus efficace.
    • La thérapie fournit des solutions concrètes et adaptées au contexte.
    • Elle favorise la restauration d’une estime de soi porteuse de réussite.
    • Le bilan fournit des informations qui améliorent les conditions de vie.

    « Dans une véritable stratégie d’investigation, la pratique des tests s’inscrit dans un questionnement sur le fonctionnement intellectuel du sujet, chaque épreuve est choisie en ce qu’elle répond à une question précise que l’on se pose […] Ce ne sont que des outils pour tenter de mieux approcher le fonctionnement (le dysfonctionnement) intellectuel de cet enfant-là. » Glazel et Mazeau, 2017.


    Un exemple de bilan psychologique

    Le protocole NEPSY-II est utilisé en neuropsychologie. Il fournit un grand nombre d’informations quantitatives et qualitatives.

    Les données ci-après concernent une suspicion de TDAH. Les noms des lieux et des personnes sont masqués afin de garantir la confidentialité.

    Compte-tenu de ce qui est évoqué ci-dessus, il est important de préciser que ce bilan est encore incomplet. En effet, une étude plus approfondie serait envisageable. De même, les résultats d’aptitudes générale ne sont pas présentés.


  • ORTHOPHONIQUE

    conduite du bilan orthophonique

    L’évaluation en orthophonie fait généralement suite à une demande d’origine scolaire.

    Cet examen a pour but de déterminer les troubles du développement du langage. Plus généralement, il concerne tout ce qui touche à la communication et à la motricité bucco-faciale.

    Les orthophonistes luttent contre l’illettrisme, ils rééduquent les personnes qui souffrent de troubles de la déglutition, celles qui sont victimes d’AVC…

    Mais cette évaluation intéresse également le psychologue.

    En effet, par le dépistage des apprentissages dysfonctionnels, le thérapeute met en liens les différents symptômes. Il détermine ainsi la spécificité du trouble.

    De même, en séparant l’effet de l’environnement des atteintes neurologiques, il s’inscrit dans une perspective développementale et propose des stratégies de rééducation adaptées.


    Le bilan psychologique pour l’orthophonie et les pathologies du langage

    bilan en orthophonieLa démarche de psychologie se révèle souvent plus efficace que celle d’un orthophoniste.

    En effet, l’évaluation concerne l’ensemble de la cognition et seule une démarche holistique permet de distinguer l’effet d’un trouble, de sa cause.

    Par exemple, la dysphasie représente une atteinte grave. le diagnostic s’établit dès les premiers mois de la vie. Mais avant cela, il est important d’écarter toutes les atteintes qui présentent des symptômes identiques. C’est le cas pour l’autisme, la déficience mentale, les troubles sociocognitifs.

    Une fois cette étape passée, le psychologue précisera les capacités préservées et celles qui posent problèmes.

    Par exemple, en cas de troubles du langage, un test d’orthophonie permet d’évaluer l’intégrité des compétences réceptives (décodage, compréhension) et expressives.

    L’investigation repose sur des aspects fonctionnels, mais ces derniers sont également sous-tendus par des capacités cognitives plus générales.

    Les dyslexies et dysorthographies représentent des atteintes fonctionnelles. Mais elles peuvent aussi êtres symptomatiques d’autres pathologies.Ainsi, de nombreuses situations rentrent dans la catégorie des troubles spécifiques des apprentissages.


    Comment proposer une remédiation efficace en orthophonie ?

    lecture et apprentissage des lettresLe bilan d’orthophonie du psychologue s’inscrit donc à la fois dans une approche fonctionnaliste et cognitive.

    Les tests, notamment les échelles de Wechsler, permettent d’interroger les liens qui unissent le raisonnement, la pensée et le langage.

    La distinction entre déficits primaires et  secondaires est déterminante dans la reconstitution des acquisitions depuis la naissance.

    Par exemple, comme je l’ai expliqué précédemment, la dyslexie peut être le signe d’une pathologie plus grave. Mais il peut également s’agir d’un trouble des apprentissages.

    La démarche thérapeutique ne sera donc pas la même. De plus on constate souvent l’atteinte de plusieurs modalités sensorielles.

    Par exemple, la dyslexie peut s’accompagner d’un trouble de la gestualité, ou de l’attention. De même, une stratégie de rééducation efficace ne peut faire l’impasse d’une revalorisation de l’estime de soi.

    A la différence d’un suivi pluridisciplinaire institutionnel ou chez un orthophoniste, le psychologue libéral considère la personne dans son intégralité.

    Il constate les progrès, fait des liens entre les différentes rééducations. De par sa formation et son expérience, il dispose d’une vue d’ensemble qui évite l’intervention de personnes différentes.


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